Retraite & indépendants
Retraite des indépendants : combien toucherez-vous vraiment ?
Retraite freelance, retraite micro-entrepreneur, retraite auto-entrepreneur : les indépendants cotisent chaque année, mais les pensions perçues sont souvent deux fois inférieures à celles des salariés. Voici pourquoi, et surtout comment y remédier.
620 €
Pension mensuelle moyenne d'un indépendant (régime SSI)
−40 %
De moins qu'un salarié à revenus équivalents
40 %
Des indépendants sans aucune épargne retraite complémentaire
Pourquoi les indépendants sont mal couverts à la retraite
En France, la retraite des travailleurs indépendants repose sur des régimes obligatoires spécifiques : le SSI (Sécurité sociale des indépendants) pour les artisans et commerçants, la CIPAV pour les professions libérales, ou encore l'URSSAF pour les auto-entrepreneurs. Ces régimes fonctionnent sur le principe de la répartition, comme celui des salariés, mais avec une différence majeure : les cotisations sont calculées sur des revenus souvent volatils et les taux de remplacement sont structurellement plus faibles.
Un salarié peut espérer percevoir environ 50 à 75 % de son dernier salaire à la retraite. Pour un indépendant, ce taux tombe souvent en dessous de 30 à 40 %. Concrètement, un freelance qui gagne 4 000 € nets par mois aujourd'hui peut se retrouver avec moins de 1 200 € de pension — soit une chute brutale de son niveau de vie.
Deuxième problème : les années de faibles revenus pèsent lourd. Un auto-entrepreneur ou un micro-entrepreneur qui débute avec un petit chiffre d'affaires accumule très peu de trimestres validés et de points retraite. Les premières années d'activité hypothèquent la pension future de façon durable.
Troisième problème : l'absence de retraite complémentaire obligatoire comparable à celle des salariés (AGIRC-ARRCO). Les indépendants doivent, par eux-mêmes, mettre en place une épargne complémentaire — ce que près de 40 % d'entre eux ne font pas, faute d'information ou de temps.
Combien touchera un freelance selon son statut ?
Retraite micro-entrepreneur et auto-entrepreneur
La retraite auto-entrepreneur est calculée sur la base du chiffre d'affaires déclaré, après application d'un abattement forfaitaire. Un micro-entrepreneur qui déclare 35 000 € de CA (services) cotise sur environ 22 750 € de revenus nets. Après 40 ans de carrière à ce niveau, la pension estimée tourne autour de 620 à 850 € par mois. C'est la pension indépendant la plus faible du marché — suffisante pour survivre, insuffisante pour vivre.
La retraite micro-entrepreneur souffre d'une autre particularité : le plafond de CA du régime (77 700 € pour les services en 2024) limite mécaniquement la base de cotisation. Un freelance qui dépasse ce seuil et reste en micro paie des cotisations sans bénéficier de droits supplémentaires au-delà.
Retraite EURL et gérant majoritaire de SARL
La retraite EURL est calculée sur le bénéfice net déclaré (revenu professionnel). Un gérant majoritaire qui se verse 50 000 € de rémunération annuelle cotise davantage qu'un micro-entrepreneur au même revenu, et accumule plus de droits. La pension estimée après 40 ans à ce niveau dépasse généralement 1 050 à 1 400 € par mois. Mais attention : si le gérant opte pour une rémunération faible et des dividendes importants, les droits retraite s'effondrent.
Retraite SASU : le cas particulier
Le président de SASU est assimilé-salarié : il cotise au régime général comme un cadre, avec des droits bien supérieurs à ceux d'un TNS. En contrepartie, les cotisations sociales sont beaucoup plus élevées. Mais si le dirigeant se rémunère majoritairement en dividendes, il perd presque tous ses droits à la retraite. Un président de SASU qui ne se verse aucun salaire pendant 10 ans aura une pension... proche de zéro.
Pour obtenir une estimation fiable, consultez votre relevé de carrière sur info-retraite.fr, qui agrège tous les régimes auxquels vous avez cotisé. Ou faites le bilan Avenlib qui calcule une estimation instantanée selon votre statut et vos revenus.
Les solutions pour améliorer sa retraite en tant qu'indépendant
Le PER indépendant : le levier numéro 1
Le PER indépendant (Plan d'Épargne Retraite) est aujourd'hui le dispositif le plus efficace pour un freelance ou un auto-entrepreneur. Il permet de déduire les versements de son revenu imposable — jusqu'à 10 % du bénéfice imposable, plafonné à 32 908 € en 2024 — ce qui réduit immédiatement la facture fiscale tout en constituant un capital pour la retraite.
Exemple concret : un indépendant à 30 % de TMI qui verse 5 000 € sur son PER économise 1 500 € d'impôts cette année, tout en se constituant un capital retraite. La déduction est applicable dès la première année, sans plafond de revenus minimum.
À la retraite, le capital peut être récupéré en rente viagère ou en capital (depuis la loi PACTE de 2019). Le PER retraite freelance est donc à la fois un outil d'optimisation fiscale à court terme et un filet de sécurité à long terme.
Nos partenaires PER recommandés :
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- Linxea — PER sans frais d'entrée, large choix de fonds, frais 0,5%/an
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L'assurance vie et le PEA en complément
En complément du PER, l'assurance vie reste un incontournable pour les indépendants souhaitant constituer une épargne flexible. Elle n'offre pas de déduction fiscale à l'entrée, mais bénéficie d'une fiscalité allégée après 8 ans de détention et d'une grande souplesse de retrait. Le PEA, lui, permet d'investir en actions européennes avec une exonération d'impôt sur les plus-values après 5 ans.
Quand commencer à préparer sa retraite ?
La réponse universelle est : maintenant. Mais les priorités varient selon l'âge.
À 30 ans : Le capital temps est votre meilleur allié. Un versement de 200 € par mois sur un PER à 30 ans peut générer, avec un rendement moyen de 5 %, un capital de plus de 160 000 € à 65 ans. Commencer à 45 ans avec les mêmes versements n'en produit que 85 000 €. La différence est spectaculaire grâce aux intérêts composés.
À 40 ans : Il est encore temps d'agir efficacement. Le PER devient particulièrement intéressant si votre tranche marginale d'imposition est à 30 % ou plus — la déduction fiscale « subventionne » votre épargne retraite.
À 50 ans : L'urgence est réelle. Deux leviers à activer immédiatement : maximiser les versements sur le PER (les plafonds non utilisés des 3 dernières années sont reportables) et consulter son relevé de carrière pour identifier les trimestres manquants éventuels.
Quelle que soit votre situation, la première étape est de connaître précisément votre pension estimée et l'écart à combler. C'est exactement ce que permet le bilan Avenlib, en 13 questions et 3 minutes.
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